Malgré la distance, une jeune officier de la Réserve n’oublie pas ses amis et mentors de la CIOR
Lieutenant-colonel Ann Peru Knabe, USAFR

Le Lieutenant Kara Marrs a fait la connaissance de dizaines de jeunes officiers de la Réserve venant des pays membres de l’OTAN au cours de l’atelier pour les jeunes officiers de réserve (AJOR) qui s’est tenu en Italie à l’été 2006. Cette expérience de la CIOR lui a insufflé la confiance nécessaire pour œuvrer dans l’arène internationale, comme elle a pu le constater quelques mois plus tard.

Kara, un officier de la marine américaine, est actuellement déployée au centre médical militaire de Landstuhl en Allemagne. Son unité, la Fleet Hospital Great Lakes, Ill., est la première unité de la marine détachée auprès de cet hôpital militaire dont la spécialité est le traitement des militaires blessés des opérations Iraqi Freedom et Enduring Freedom.

« Nous traitons les combattants qui sont évacués par air depuis la zone d’engagement », raconte Kara, 30 ans, affectée à l’unité des soins médicaux et de chirurgie de l’hôpital de Landstuhl. « La plupart d’entre eux nous arrivent de Balad et de Bagram (bases aériennes) en Iraq. »

Les patients sont transportés à bord d’aéronefs Hercules C-130 et Globemaster C-17 de l’U.S. Air Force. Ils viennent, pour la plupart, des installations médicales établies près des zones de combat et, comme ce sont des cas lourds, les hôpitaux militaires dans le théâtre des opérations ne sont pas équipés pour les traiter.

« Nous soignons toutes sortes de patients », poursuit le Lieutenant Marrs. « Des soldats, des marins, des marines, des aviateurs, même des entrepreneurs civils. Nous accueillons aussi les militaires des autres pays de la coalition, comme le Canada, le Royaume-Uni, l’Australie et la Pologne. »

La gravité des blessures à soigner varie.

« Notre travail consiste à stabiliser l’état du patient et à faire les tests et les interventions nécessaires avant son transport jusqu’aux États-Unis où il recevra des soins spécialisés », explique-t-elle. « Le séjour ici dure entre deux et quatre jours. La plupart des patients ne sont pas renvoyés dans la zone de guerre. »

Le Lieutenant Marrs fait un travail exigeant sur les plans physique et émotif.

« Les cas les plus lourds sont les patients amputés des deux jambes », dit-elle. « Ils n’acceptent pas la perte de leurs membres et passent par toute la gamme des émotions. J’ai parfois l’impression d’être impuissante et de ne pas savoir comment leur remonter le moral. Mais à la fin de la journée, on se réconforte en pensant qu’on a aidé ou fait sourire quelqu’un. »

Le Lieutenant Marrs raconte que l’hôpital accueille aussi des militaires américains en service actif en Allemagne, les membres de leur famille ainsi que des retraités.

« Il y a énormément de différences entre mon travail ici et mon poste d’infirmière dans un centre pédiatrique chez moi en Californie », poursuit-elle. « J’avais des heures régulières alors qu’ici, en Allemagne, j’ai dû me réhabituer au travail par quarts. Je suis aussi sur appel ici et nous travaillons la nuit, les jours de congé et, en général, de longues heures d’affilée. »

Le Lieutenant Marrs peut à tout moment s’occuper de sept patients à la fois, quoique, la nuit, la charge de travail soit plus allégée. Chez elle, elle n’avait habituellement qu’un seul enfant et une seule famille à la fois.

« Le travail auprès des enfants me manque vraiment », nous confie-t-elle, « mais je pourrai toujours reprendre ce travail à mon retour aux États-Unis ».

Le Lieutenant Marrs déclare que le plus dur dans son déploiement est d’être loin du foyer et de son mari. Elle s’est mariée quelques mois avant son affectation. Elle bénéficie toutefois du soutien de son unité aux États-Unis qui lui permet de garder le contact avec son mari.

Elle fait en ce moment le plein de souvenirs mais ne peut pour l’heure isoler un moment qui l’a particulièrement touchée.

« Il y en a tellement, mais je sais pertinemment que je me souviendrai toujours du sentiment qui m’envahit lorsque je prends soin d’un combattant blessé », ajoute-t-elle. « Ces hommes s’entraident constamment et, quelle que soit la gravité de leur propre état, ils s’assurent que leurs copains vont bien. Même si leur état est critique, ils s’enquièrent à propos des autres. Cet étonnant exemple de loyauté me donne de la motivation. »

L’affectation à Landstuhl est la deuxième mobilisation de l’infirmière. La première, d’une durée de six mois, a eu lieu en 2003 alors qu’elle a été affectée à San Diego.

Mais malgré ce déploiement, Kara garde le contact avec la CIOR par l’entremise de l’OTAN. En août, elle a pris une fin de semaine de congé et s’est rendue en avion à Riga rencontrer des amis durant le congrès de la CIOR.

« J’ai beaucoup appris au cours de l’année écoulée », dit-elle, « c’est grâce à mes collègues de l’AJOR, de la CIOR et de la CIOMR si je suis ou je suis aujourd’hui ».